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Elections au conseil de l'ordre : La candidature de Jeffrey SCHINAZI

Mes Chers Confrères,

L’heure est grave et l’offre qui vous est faite restreinte. Ma dernière intervention à l’invitation des jeunes Avocats m’en a convaincu. C’est encore et toujours la langue de bois qui prévaut, doit-elle s’imposer pour toujours ?

A un jeune Barreau aux abois, doit-on encore sérieusement se contenter de promettre une augmentation du barème minimal de la collaboration libérale ? Quand osera-t-on dire aux jeunes la vérité sur leurs parents ?
Ne peuvent-ils voir déjà ceux-ci à genoux ?
Sont-ils nantis, sont-ils sereins, assurés de leurs lendemains ?
Sont-ils solvables et plus amplement pressurisables ?
Que peuvent-ils faire encore pour les jeunes générations montantes ?

Le constat objectif et nécessaire est cruel. Les Avocats parisiens en particulier ont été dépouillés de l’élément essentiel de leur fonds de commerce ; leurs jambes et leurs têtes. La pression sur eux est trop forte et on voudrait encore qu’ils exercent leur métier, c’est à dire penser, penser pour conseiller, assister, défendre, alors qu’ils sont en explosion et en déroute. Fiscalité, charges, structures d’exercices archaïques et trop onéreuses... Cessons de rêver et de nous mentir.

Peut-on encore raisonnablement nous imposer l’ensemble du cadre déontologique d’hier ? Aux plus jeunes qui sont les plus vulnérables ? Aux plus âgés qui le sont encore et toujours ? Peut-on encore nous reprocher d’être discourtois entre nous ou avec les Juges lorsque notre humeur est sujette à permanente provocation ?

Indélicats, alors que tout nous malmène, que tous nous malmènent ; insolvables, alors que nous sommes mis au pilori des pratiques discriminantes d’arbitrage des honoraires et victimes de l’ostracisme de nos banquiers ; incohérents, lorsque nous sommes seuls et que nos milles visages en forme de mille manières de faire bonne figure, explosent sous l’injure.

Mes Chers Confrères, vous êtes admirables dans votre capacité désespérée à faire face, mais votre conduite, emprunte des réflexes d’hier, veut ignorer les défis d’aujourd’hui et de demain.

Pour combien de temps ?

Nous méritons le meilleur et nous avons hérité du pire. Les structures d’accueil pour jeunes Avocats n’existent pas. Le lien avec l’Ecole du Barreau ou l’Université a été rompu. Les moyens d’installation nous ont été refusés pour que nous soit laissée la seule ambition de l’augmentation de.... salaire !

L’aide juridictionnelle s’est emparée de notre marché des particuliers, les compagnies d’assurances ont achevé le sinistre tableau imposant des barèmes d’honoraires encore plus insultants que ceux de l’Etat.

Nous n’avons pas droit de cité auprès des Administrations, notre mission est déniée et on nous invite comme un signe qui ne trompe pas à prendre la file d’attente du Centre de réception des étrangers avec des clients invités pour plus d’efficacité à agir seuls.

L’Avocat est resté au niveau inférieur de l’accusation, privé des moyens de sa mission, transformé en spectateur du procès pénal toléré dans un exercice de style réputé intervenir en répétition in vivo de la Conférence du Stage...

Les Cabinets d’affaires font clandestinement en France du droit des affaires, ne pensant désormais qu’à s’expatrier tant le soupçon qui pèse sur les structures nous rend totalement paranoïaques. Nos pairs ont été incarcérés. Nos anciens Confrères, reconnus dans leur mérite par les politiques ont fait voter et appliquer les lois qui nous oppriment.

Nous avons été trop longtemps pris en otage par l’utilisation abusive sinon honteuse et en tout cas inadmissible de nos vies privées pernicieusement mêlées à nos vies professionnelles. Nos voix au chapitre politique et social ont été étouffées. Le Palais n’est plus lieu de contestation ni de respiration. Nous avons des idées et de l’ambition pour tous.

Je n’appartiens, en ce qui me concerne à aucun club, association, groupement, coterie ; je ne recherche ni honneurs, ni médaille, ni décoration ; je ne suis contre personne et j’ai un amour farouche de mon métier ; je suis à la fois conservateur de nos règles essentielles et en révolte contre certaines dispositions et pratiques, je suis libre et décidé.

Lisez et relisez nos professions de foi.

Inscription au Barreau de Paris en juillet 1981
Marié, père de trois enfants
Avocat associé de la SEL Schinazi Avocats
Pratique professionnelle : pénale dominante
Email : jeffreyschinazi@hotmail.com
Site : www.schinaziavocats.com

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